Le rendez-vous des anciens et amis de la Force Navale - Het rendezvous van de oudgedienden en vrienden van de Zeemacht
 
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 La Marine Française

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Surcouf
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MessageSujet: La Marine Française   Lun 14 Fév 2011 - 13:11

La "Royale" est rentrée en guerre avec 241 bâtiments de 13 types, elle en perdit 93 soit un pourcentage de plus ou moins 39%.

Avec pour commencer un documentaire d'époque

http://www.dailymotion.com/video/xb0v6l_semaine-du-1er-octobre-1939-marine_news


PORTE-AVIONS.

LE BEARN.


Le Béarn fut le seul porte-avions dont disposa la France jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Autorisé aux termes du traité de Washington, il fut construit sur la coque d'un cuirassé, alors que les autres nations utilisaient celles de croiseurs de bataille. Ce ne fut pas heureux, puisqu'il fut à la fois trop petit et trop lent. A vrai dire, la France n'avait pas le choix, puisqu'elle n'avait pas mis en chantier de croiseurs de bataille pendant la Première Guerre Mondiale. Même avec l'aide des Britanniques, le Béarn est tout sauf une réussite. Le nombre d'avions opérationnels est à la limite du ridicule et les ascenseurs, trop petits, empêchent l'utilisation d'avions performants. Les machines sont de deux types différents, un montage permettant d'avancer à l'économie, mais pas de suivre une flotte de guerre. Bref, longtemps avant que ne commence la Seconde Guerre Mondiale, le Béarn n'est plus capable de se battre en première ligne.
Le Béarn sera utilisé pendant tout le conflit comme un transport, surtout d'avions et un peu d'or. Il sert pendant quelques semaines pour chercher les corsaires allemands dans l'Atlantique en 1939. Notoirement insuffisant, il perd son groupe aérien et se voit relégué à l'entraînement. En juin 1940, il se rend dans les Antilles, où il se fait neutraliser pendant trois ans. Ayant ensuite rejoint les alliés, il reprend ses missions de convoyages d'avions, qu'il continuera même après la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour alimenter les forces françaises en Indochine


PORTE HYDRAVIONS
CDT TESTE


Ce porte-hydravions était le seul de la Royale. Conçu pour apporter un soutien à l'escadre grâce à ses bombardiers-torpilleurs embarqués et ses avions de reconnaissance, mais aussi conçu comme ravitailleur, atelier et base avancée pour l'aéronavale. Ce grand navire fut mis sur cale en 1927 à Bordeaux et achevé en 1932. Il possédait des magasins et un grand hangar de 87 mètres, accessible par une rampe pourvue de grue à l'arrière. Il possédait en outre 4 catapultes et 5 grues. Sa propulsion était mixte, charbon/mazout, et avec un rayon d'action de 6000 milles nautiques, il pouvait maintenir une vitesse de près de 22 noeuds. Ses hydravions embarqués étaient les excellents bombardiers-torpilleurs Latécoère 298, ainsi qu'un escadron de Loire 130.

Présent à Mers el Kébir, il échappa de peu aux tirs Britanniques, et fut rapatrié à Toulon. Il vit peu de service et se saborda comme le reste de la flotte le 27 novembre 1942.

Renfloué en 1946, les différents projets de reconversions ayant étés repoussés, il termina sa carrière comme navire-dépôt à Toulon et fut démoli quatre ans plus tard.

Spécifications techniques
Déplacement 10 000 t. standard -11 500 t. Pleine Charge
Dimensions 167 m long, 27 m large, 6,93 m de tirant d'eau
Machines 2 hélices, 2 turbines Schneider-Zoelly, 4 chaudières Loire, 21 000 cv.
Vitesse maximale 20,5 noeuds
Blindage Ceinture 50 mm, pont machines 30 mm.
Armement 26 avions, 12 pièces de 100 mm, 8 de 37, 12 de 13.2 mm AA
Equipage 686



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Surcouf
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Lun 14 Fév 2011 - 13:38

LES CUIRRASSES classe Richelieu.

LE RICHELIEU


Le Richelieu et son frère jumeau le Jean Bart est sans conteste le plus puissant et le plus réussi des bâtiments de ligne de la marine française de la seconde guerre mondiale
Déplacement : 50.069 T (max) - 43.375 T (standard)
Longueur : 247.85 m
Largeur : 33,08 m
Tirant d'eau : 9.17 m (lège) - 9,63 m (standard) - 11,03 (maxi)
Numéro de coque : sans
Date admission au service actif : 18 juin 1940 (achevé à 90%)
Date retrait service actif : Placé en réserve le 30 septembre 1961 - Désarmé en 1967 - Ferraillé à la Spezzia en 1968.
Date mise sur cale : 22 octobre 1935
Date lancement : 17 janvier 1939
Nombre de quartier-maîtres et matelots : équipage au 1550 complet hommes
Propulsion : PROPULSION :
6 chaudière sur alimentées Indret
4 turbines Parsons
4 hélices
PUISSANCE :
155.000 cv (marche normale)
179.000 cv (feux poussés)
Système de combat : ARMEMENT (après modernisation aux USA)
8 pièces de 380 mm en deux tourelles quadruples à l'avant
9 pièces de 152 mm en 3 tourelles triples à l'arrière, pouvant tirer contre avions.
12 pièces de 100 mm en 6 tourelles doubles anti aériennes
56 pièces de 40 mm en 14 affuts quadruples anti aériennes
48 pièces simples de 20 mm anti aériennes.
Nota : Avant sa modernisation, le Richelieu était équipé de 2 cataplutes sur la plage arrière et embarquait 3 hydravions "Loire 130" de régalge de tir et de reconnaissance.
Equipé de radars, ses installations aéronautiques devenues inutiles, ont été débarquées aux USA. la place et le poids gagné ont permis de renforcer son artillerie anti-aérienne.
BLINDAGE (maxi) :
Ceinture : 343 mm
Ponts : 170 mm
Tourelles : 455 mm
Port base : Brest, Dakar, Brest
Mission : à l'origine la décision de la Marine de se doter d'un matériel qui puisse rivaliser avec les unités italiennes en méditerranée en cas de conflit et de contrer efficacement des unités comme le Vittorio Venetto .
Ils sont tous deux dérivés du strasbourg et du Dunkerque.
Déplacement lège : 40.928 T
Distance franchissable : 10.620 nautiques à 12 noeuds - 3.023 nautiques à 32 noeuds.
Vitesse maximale : 32.63 noeuds
Historique : Après son départ de Brest, le 18 juin 1940, le "Richelieu" a été basé à Dakar où il sera attaqué deux fois par la marine britannique. D'abord le 8 juillet puis les 23, 24 et 25 septembre 1940. C'est au cours de ce second combat que son action mis un terme à l'agression Anglo-Gaulliste qui se solda par un échec. La "Royale Navy" n'avait pourtant pas lésiné sur les moyens. Elle alignait le porte avions "Ark Royal", les cuirassés "Barham" et "Résolution", les croiseurs "Devonshire", "Cumberland", Australia" et "Delhi", ainsi qu'une douzaine de destroyers. Les forces gaullistes (FNFL) de l'amiral Muselier comprenaient l'aviso colonial "Savorgnan de Brazza", et les avisos dragueurs "Commandant Dominé" et "Commandant Duboc". Après que les les autorités françaises de Vichy à Dakar aient rejeté la proposition de ralliement, le "Richelieu" (Cdt : CV Marzin) ouvrit le feu sur le "Barham" et les avisos FNFL qui tentaient de pénétrer dans le port. Le "Richelieu" fut touché par un obus de 380 mm qui mit hors de combat sa tourelle n°2 et détruisit un canon. Les combats cessèrent durant la nuit mais reprirent dès le lendemain 24 septembre. Le "Richelieu" avec sa seule tourelle n°1 de 380 mm et dans l'impossibilté de manoeuvrer depuis le 8 juillet (un avion torpilleur anglais l'avait torpillé, détruisant une hélice et endommageant le gouvernail), encadra de ses tirs le Cuirassé "Barham" alors que le "Résolution" fut gravement endommagé par une torpille du sous-marin de 1.500 tonnes "Bévéziers" (Cdt : CC Lancelot) . Britanniques et Gaulliste abandonnèrent alors le projet de s'emparer de Dakar. Déjà le 8 juillet le "Richelieu" avait subit les attaques anglaises qui laissèrent de forts mauvais souvenirs aux marins français..... Notre empire colonial africain rallia progressivement le général de Gaulle et les alliés. Fin 1943 le "Richelieu" fit route vers les Etats Unis, à New York pour y être modernisé. En 1944 il fut engagé dans la guerre du Pacifique où il prit une part active aux derniers combats contre la Japon. En 1945, il participa à la guerre d'Indochine. Désarmé en 1961, il n'en a pas moins continué de servir comme bâtiment école du Groupe Armorique, pour les cours de matelots équipage, de gabiers, et de manoeuvriers jusqu'au brevet supérieur, ainsi que des chefs de quart, des élèves officiers de réserve et des officiers des équipages, pont et machine. Le "Richelieu" est resté à quai jusqu'au 12 novembre 1967, date à laquelle il a été amarré sur un coffre dans la rade-abri de Brest pour éviter les pillages de matières consommables (hamacs, couchages, hublots en bronze, etc.), qui avaient commencé bien avant la remise de sa coque à la Direction des Constructions et Armes Navales (DCAN). Le "Richelieu" a été vendu à un chantier de démolition italien de La Spezia, où il a été feraillé en 1968.


LE JEAN BART


Sous les ordres du capitaine de vaisseau Ronarc'h, le Jean Bart est en phase d'achèvement aux chantiers de Saint Nazaire. Au prix d'efforts acharnés, il réussi à s'échapper le 19 juin 1940 sous les bombardements de la Luftwaffe. Inachevé et ses machines n'ayant jamais tourné, il rejoint Casablanca et poursuit ses travaux d'achévement dans le port marocain. Le 8 novembre 1942, les alliés débarquent en Afrique du Nord (opération Torch). .Les navires français résistent avec courage malgré leur forces nettement inférieures. Le Jean Bart qui ne peut manoeuvrer et ne dispose que d'une seule tourelle de 380 mm subit les salves du cuirassé américain Massachussets, armé de canons de 406 mm. Atteint à plusieurs reprises le Jean Bart est gravement endommagé. Le navire n'est remis en état qu'après la guerre. Il est achevé en 1953. En octobre 1956, il participe à l'opération du canal de Suez.. Mis en réserve en 1957, le Jean Bart n'aura été opérationnel que seulement 3 ans.


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MessageSujet: Re: La Marine Française   Lun 14 Fév 2011 - 14:15

CUIRRASSES CLASSE BRETAGNE.

LA BRETAGNE.


Le cuirassé ,LA BRETAGNE,tout comme ses sister-ships LA PROVENCE et LA LORRAINE est un bâtiment conçu avant la guerre de 14/18,toujours en service lorsque débute la seconde guerre mondiale.
Déplacement : 22200t
Longueur : 166m
Largeur : 27 m
Tirant d'eau : 9.80 m
Date admission au service actif : 1915
Date retrait service actif : Coulé à Mers El Kébir le 3 JUILLET 194O avec plus de 900 morts .
Nombre de quartier-maîtres et matelots : équipage au complet 1133 hommes
Propulsion : Turbines Parsons à engrenage actionnant 4 hélices pour une puissance de 43000 CV (30000 avant refonte de 1936) Distance franchissable de 13000 km à 10 noeuds,et une vitesse maxi de 21.5 noeuds.
Système de combat : Blindage en ceinture de 180 à 260 mm,60 mm pour les ponts,400 mm pour les tourelles.
Armement principal : 10 pièces de 340 mm en 5 tourelles doubles (2 en chasse, 2 en fuite et 1 entre les 2 cheminées). 22 canons de 138 mm à l'origine,14 après refonte,4 canons de 47 mm à l'origine remplacés par 8 canons de 100 mm après refonte
Mission : Utilisant la même coque que les cuirassés PARIS, FRANCE et COURBET,la BRETAGNE en est la réplique exceptée l'artillerie au calibre plus conséquent (5 tourelles doubles de 340 mm au lieu de 6 tourelles doubles de 305 mm), l'objectif étant de rivaliser avec les autres marines en se dotant d'un armement puissant mais malgré tout inférieur.Certains experts affirment que le bâtiment était démodé au commencement du deuxième conflit mondial.



LA PROVENCE


La Provence (avec ses 2 sister-ships Bretagne et Lorraine) appartenait à la deuxième série de cuirassés type "Dreadnought, inscrits au programme naval de 1912. Amélioration de la classe "Courbet" (Courbet, Jean Bart, Paris et France), La Provence à les mêmes dimensions de coque et les mêmes machines. Elle en diffère par son artillerie ramenée de 6 à 5 tourelles doubles, toutes dans l'axe du bâtiment. Le poids ainsi gagné est utilisé pour accroître le calibre des pièces qui passe de 305 mm sur les "Courbet" à 340 mm sur la Provence. La Provence a été modernisée 3 fois. D'abord de février 1922 à juillet 1923 à Toulon. Ensuite de décembre 1925 à juillet 1927 de nouveau à Toulon. Enfin à Brest de septembre 1931 à août 1934. Pour une meilleure lisibilité, je limiterai la présentation de la Provence à son état au moment de sa mise en service en 1916, après sa dernière modernisation de 1934 et au début de la seconde guerre mondiale en 1940.
Déplacement : 26.600 tonnes à pleine charge
Longueur : 166m
Largeur : 27m
Tirant d'eau : Av. : 8,70 m - Ar. : 9.80 m
Numéro de coque : Néant
Date admission au service actif : 20 janvier 1916
Date retrait service actif : Sabordé à Toulon le 27 novembre 1942.
Date mise sur cale : 25 mai 1912. Chantier : Arsenal de Brest
Date lancement : 20 Avril 1913
Nombre d'officiers : 1916 : 34
Nombre d'officiers mariniers : 1916 : 139
Nombre de quartier-maîtres et matelots : 1916 : 1020
Propulsion : 1916 : 4 turbines à engrenage "Parsons" alimentées en vapeur par 18 chaudières "Guyot -Du temple développant 29.000 cv.
1934 : Modernisation de l'appareil évaporatoire qui passe totalement à la chauffe au mazout . Modernisation partielle de l'appareil moteur. La puissance est portée à 43.000 cv
Système de combat : 1916
10 pièces de 340 mm en 5 tourelles doubles.
22 canons de 138 mm en batteries- casemates.
2 canons de 75 mm anti aériens.
7 canons de 47 mm à tir rapide.
4 tubes lance torpilles de 450 mm.
1940 :
10 pièces de 340 en 5 tourelles doubles.
14 canons de 138 mm en batteries-casemates.
8 pièces de 100 mm AA.
8 pièces de 37 mm AA
12 mitrailleuses de 13.2 mm AA en 3 affuts quadruples.
4 tubes lance-torpilles de 450 mm
Nota : au cours de ses différentes modernisations, la puisance de feu de l'artillerie principale a été améliorée (portée, conduite de tir, télémétrie...)
Port base : Brest puis Toulon
Déplacement lège : 23.600 tonnes
Distance franchissable : 1916 : 4.700 Nq à 10 Nds - 1934 : 7.000 Nq à 10 Nds.
Vitesse maximale : 1916 : 20 nds - 1934 : 21,5 noeuds



LA LORRAINE


le cuirassé LORRAINE est de même classe que la BRETAGNE et la PROVENCE, issues dun programme antérieur aux années 1920,utilisant la même coque que le cuirassé type COURBET,réplique identique excepté son armement.
Déplacement : 26700t
Longueur : 166m
Largeur : 27 m
Tirant d'eau : 9.80 m
Date admission au service actif : 07/1916
Date retrait service actif : 02/1953
Date mise sur cale : 08/1912 chantiers de St Nazaire
Date lancement : 09/1913
Nombre de quartier-maîtres et matelots : équipage au complet 1130 hommes
Propulsion : Turbines Parsons développant 43000 CV actionnant 4 hélices pour une distance franchissable de 13000 km à 10 noeuds et une vitesse maxi de 22 noeuds.
Système de combat : Blindage en ceinture de 180 à 260 mm,ponts de 60 mm,blindage des tourelles de 300 à 400 mm.
Armement principal 8 canons de 340mm sur 2 tourelles doubles à l'AV,2 tourelles doubles à l'AR, une catapulte centrale pour hydravions.Armement secondaire d'origine 22 canons de 138 mm ramenés à 14 lors de la refonte de 1936,4 canons de 47 mm AA débarqués lors de la même refonte,12 mitrailleuses de 13 mm AA...L'ultime refonte de 1944 verra le remplacement par 14 Bofors de 40mm et de 25 oerlikons de 20 mm AA.
Mission : Rivaliser avec les unités des autres marines malgré son armement ,certes puissant,mais inférieur.Certains experts disent que ces bâtiments étaient démodés au commencement du deuxième conflit mondial.
Vitesse maximale : 22
Historique : Participe aux bombardements des côtes italiennes en juin 1940. Interné dans le port d'Alexandrie dès juillet 1940 et jusqu'en juillet 1943.Une nouvelle refonte verra la disparition de sa catapulte et du hangar pour faire place aux 40 et 20 mm AA..Particpe au débarquement de Provence en août 1944,puis aux redditions des poches allemandes de l'atlantique.mise en retrait de service en 1953
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Lun 14 Fév 2011 - 16:00

bonjour surcouf

et merci pour cette magnifique documentation

passe une très bonne fin de journée

thierry
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Surcouf
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 7:41

3
LES CROISEURS DE BATAILLE OU BATIMENTS DE LIGNE.

CLASSE DUNKERQUE.

LE DUNKERQUE


Jusqu'à la mise en service du Richelieu en 1940, le Dunkerque et son (presque) jumeau, le Strasbourg, sont en 1939 les deux plus puissantes unités de la marine nationale. Cuirassés ou croiseurs de bataille ? Il est préférable de les qualifier de navire (ou bâtiment) de ligne car ce ne sont ni des cuirassés, ni des croiseurs de bataille. Par rapport aux cuirassés contemporains, Il sont légèment plus rapide mais moins bien protégés. En revanche si leur vitesse est un peu plus lente que celle des croiseurs de bataille, leur blindage est plus conséquent. Le Richelieu qui entrera en service en 1940 constituera en France, avec le Jean Bart après la guerre, l'aboutissement du navire de ligne moderne, conciliant une vitesse élevée et une protection efficace. Mais celui ci perdra son rôle de "capital ship" au profit du porte-avions à partir de 1943 dans la guerre du Pacifique.

La fin tragique du Dunkerque, coulé avec le cuirassé Bretagne à Mers El Kébir, marqua longtemps les esprits des marins français. Toute la lumière sur l'opération "Catapult", le 3 juillet 1940 a t'elle été faîte ? Churchill a voulu montrer au monde, la détermination des Britanniques à continuer la lutte jusqu'au bout contre les forces de l'Axe. Cela justifiait t'il la mort de 1.293 marins Français tombés (assassinés, diront certains) courageusement à leurs postes de combat ? Les historiens l'écriront peut être un jour...
Longueur : 214m
Largeur : 31 m
Tirant d'eau : 8.5 m
Date admission au service actif : 1937
Date retrait service actif : Sabordé à Toulon le 27/11/1942, il ne sera ferraillé qu'en 1958
Date mise sur cale : 12/1932
Date lancement : 10/1935
Nombre de quartier-maîtres et matelots : Equipage au complet 1600 hommes ,2000 en temps de guerre
Propulsion : turbines à vapeur de 130000 CV,
Energie : Chaudière à mazout
Système de combat : S'inspirant des équivalents britanniques du type Nelson,l'armement du Dunkerque était composé de deux tourelles quadruples de 330 mm à l'avant(cibles navires et terrestre)seize pièces de 130 mm AA et de huit pièces de 37 mm.,d'une catapulte pour quatre hydravions.
Bien profilé,bien équilibré,ayant une bonne tenue à la mer,l'efficacité de son armement secondaire anti-aérien s'en trouvait réduite du fait de son implantation à l'arrière au lieu d'être répartie au centre ,emplacement plus approprié aux pièces de faible élévation .En dépit de ses imperfections il pouvait rivaliser sans complexe avec ses homologues italiens ou allemands
Mission : Issu d'un programme lancé dans les années vingt , la France a mis sur cale les bâtiments de ligne Dunkerque et Strasbourg pour surclasser ou égaler les nouveaux navires de ligne allemands, construits en violation du traité de Versailles. Ils surclassaient les 3 cuirassés de poche Lutzow (ex Deutschland), Admiral Scheer et Admiral Von Graf Spee (2 tourelles triples de 280 mm. Ils étaient comparables aux croiseurs de bataille allemands Gneisenau et Scharnhorst mais avec une artillerie principale plus puissante (3 tourelles triples de 280 mm, 2 en chasse 1 en fuite, pour les Allemands. 2 tourelles quadruples de 330 mm, en chasse, pour les Français).
Déplacement lège : 26.500 T.W.
Vitesse maximale : 31noeuds
Historique : Engagé dans la lutte contre les corsaires allemands en atlantique,Le Dunkerque passa en méditerranée en avril 1940 pour intégrer la force de raid de l'amiral Gensoult. Le 3 juillet 1940, au mouillage cul à quai à Mers El Kébir, l'escadre française qui commençait son désarmement, sera bombardée par une importante escadre de la Royale Navy. L'opération "Catapult", cette odieuse canonnade, ouvrira une page tragique de l'histoire de la marine française avec la mort de 1.297 marins. Le Dunkerque, gravement endommagé s'échouera pour ne pas couler. Il sera remis à flot et remorqué à Toulon, où, en définitive il se sabordera le 27 novembre 1942. Le cuirassé Bretagne sera envoyé par le fond en payant le plus lourd tribut. 937 membres de son équipage disparaitront avec lui. Les dépouilles de nos marins reposaient dans le petit cimetiére de Mers El Kébir. Mais hélas en 2005, leurs tombes seront vandalisées, pillées et profanées. Respect à leurs âmes, qu'elles reposent enfin en paix.

Le Dunkerque à Mers El Kebir sous le feu des bâtiments anglais.



LE STRASBOURG


Mis en service en 1939, deux ans après le Dunkerque, le Strasbourg est avec son (presque) jumeau, le plus puissant navire de guerre de la marine nationale à la veille du second conflit mondial. Si les lignes générales de ces deux bâtiment de ligne sont pratiquement identiques, on note des différences visibles au niveau de la tour. De plus, la protection du Strasbourg est améliorée. Le Strasbourg et le Dunkerque sont des bâtiments hybrides. Un peu plus rapides mais moins bien protégés que les cuirassés contemporains, ils sont légèrement plus lents que les croiseurs de bataille mais disposent d'un meilleur blindage. C'est pourquoi leur appellation "navire de ligne " (ou bâtiment de ligne ), est plus appropriée que celle de "croiseur de bataille" ou "cuirassé".

Le Richelieu qui entrera en service en 1940, puis le Jean Bart, après la guerre en 1953, seront en France, l'aboutissement du bâtiment de ligne moderne, conciliant vitesse élevée et protection efficace. Mais pour une courte durée car ce type de navire "porteur de canons" perdra son rôle de "capital ship" dès 1943 au profit du porte-avions qui démontrera la supériorité de l'aviation d'assaut embarquée dans la guerre du Pacifique.
Longueur : 214m
Largeur : 31 m
Tirant d'eau : 8.50 m
Date admission au service actif : 1939
Date retrait service actif : Sabordé à Toulon le 27 novembre 1942. Feraillé en 1955.
Date mise sur cale : Novembre 1934. Chantiers de Saint Nazaire
Date lancement : Décembre 1936
Nombre de quartier-maîtres et matelots : équipage au complet 1600 hommes,2000 en temps de guerre
Propulsion : Turbines à vapeur de 130000 CV
Energie : Chaudières chauffant au mazout.
Système de combat : L'artillerie principale : 2 tourelles quadruples de 330 mm à l'avant.
Artillerie secondaire : 16 pièces de 130 mm AA réparties en 3 tourelles quaduples et 2 tourelles doubles.
Défense AA : 18 canons de 37 mm et 32 mitrailleuses de 13,2 mm.
Il embarquait 4 hydravions "Loire 130" et disposait d'un hangar et de 2 catapultes "Penhoët" sur la plage arrière.Comme le Dunkerque, était protégé par un blindage de 140 à 250 mm en ceinture, de 125 à 140 mm sur le pont et de 350 mm sur les tourelles avant. .Le point faible de ces 2 bâtiments résidait en la disposition de l'artillerie secondaire AA diposée sur l'arrière (la partie centrale étant plus appropriée aux pièces de faible élévation)
Néanmoins, ces unités modernes aux très bonnes qualités nautiques, rivalisaient aisément avec leur homologues étrangers.
En 1942, un radar de conception française (4 antennes en bout de vergues) équipait le Strasbourg (ainsi que le croiseur lourd Algérie)
Mission : La france mis sur cale ce type de bâtiments au début des années 30 pour surclasser les nouveaux navires de ligne allemands construits en violation du traité de Versailles. Ils surclassaient nettement les 3 cuirassés de poche allemands Lutzow (ex Deutscland), Admiral Scheer et Admiral Von Graf Spee armées de 2 tourelles triples de 280mm. Il faisaient jeu égal avec les croiseurs de bataille de la Kriegsmarine Gneisenau et Scharnorst, armés de 3 tourelles triples de 280 mm.
Déplacement lège : 26.500 T.W.
Historique : Le Strasbourg est Intégré dès 1939 à la force de raid à Brest sous les ordres de l'amiral Gensoul. Aux côtés de la Royale Navy, il pourchasse les corsaires allemands, sans toutefois réussir à intercepter le cuirassé de poche allemand Admiral Von Graf Spee. L'armistice signé en juin 1940, le Strasbourg (avec le Dunkerque, les cuirassés Provence et Bretagne, le transport d'hydravions Commandant Teste et plusieurs contre-topilleurs et torpilleurs) rejoint la base navale de Mers El Kébir, près d'Oran en Algérie, où ils doit être désarmé sous le contrôle de la commission d'armistice Germano-Italienne. Pris au piège de l'opération "Catapult" le 3 juillet 1940, canonné par la Royale Navy, il est seul navire de ligne à réussir à appareiller. Coupant ses amarres, il franchi la passe malgré les mines anglaises, et ouvre le feu avec son artillerie principale, encadrant les navires britanniques. Accompagné de plusieurs contre-torpilleurs et torpilleurs, échappés eux aussi, il regagne Toulon, vainement poursuivi par le croiseur de bataille Hood et une partie de l'escadre de l'amiral Sommerville. Le 27 novembre 1942, il subit le sort tragique du reste de la flotte en se sabordant à Toulon. Renfloué par les italiens, il est restitué à la France en mai 1944 puis coulé une nouvelle fois par l'aviation américaine lors des bombardements précédants le débarquement en Provence en août 1944. Utilisé pour des expériences d'explosion sous marines près de la presqu'ile de Giens, sa coque est feraillée en 1955.


Dernière édition par Surcouf le Mar 15 Fév 2011 - 16:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 8:08

4.
LES CROISEURS LOURDS OU DE DE PREMIERE CLASSE.

CLASSE DUQUESNE

LE DUQUESNE.


Le Duquesne est un croiseur lourd ,dit de première classe,tout comme son sister ship Le Tourville. les deux bâtiments dérivaient des 3 "Duguay- Trouin" dont ils conservaient les bonnes qualités nautiques. Ce programme répondait aux normes du traité de Washington. Sans blindage, leur vitesse élevée (33 Nds) était leur meilleure protection.
Longueur : 191m
Largeur : 19 m
Tirant d'eau : 7 m
Date admission au service actif : 25/01/1929
Date retrait service actif : 1949
Date mise sur cale : 30/10/1924 arsenal de BREST
Date lancement : 17/12/ 1925
Nombre de quartier-maîtres et matelots : équipage au complet 600 hommes
Propulsion : turbines à engrenage Rateau-Bretagne de 131800 cv actionnant 4 hélices pour une vitesse de 33.7 noeuds.Autonomie de 3000 milles.
Energie : neuf chaudières Guyot timbrées à 20 kg cm2.
Système de combat : 8 pièces de 203 mm de 50 calibres réparties en quatre tourelles(2 en chasse ,2 en retraite).
8 pièces de 75 mm de 40 calibres. 8 canons de 37mm anti-aériens.
6 tubes lance torpilles de 550 mm
Une catapulte pour hydravions.
Déplacement lège : 10.000 TW
Ville marraine : DIEPPE (76)
Historique : Modernisé en 1943,il perdit sa catapulte et ses deux hydravions au profit d'un surplus d'armement composé de 8 canons de 40mm et de 16 canons Oerlikon de 20 mm anti-aériens.Il cessa de naviguer vers 1950 pour devenir ,à quai,un bâtiment d'instruction.


LE TOURVILLE.


LA CARRIERE DU TOURVILLE
Mis en service au cours de l’année 1928, ce croiseur lourd était propulsé par des turbines à engrenages Rateau-Bretagne totalisant 126 900 ch. qui actionnaient quatre hélices et étaient alimentées par neuf chaudières Guyot à mazout (1 800 t embarquées) timbrées à20 kg/cm2. il pouvait marcher à une vitesse de 33,7 nœuds (lors de des essais, il maintint 30 nœuds pendant 24 heures). Armé par un équipage de 30 officiers et de 575 hommes, le Tourville servit en Méditerranée ou début de la Seconde Guerre mondiale puis se retrouva immobilisé à Alexandrie de juin 1940 à juin 1943. Affecté ensuite dans l’Atlantique Sud, il fut mis en réserve à Bizerte en juin 1944. Puis, en 1945, il f ut réarmé afin de participer aux opérations d’Indochine. Il termina sa carrière en 1948 comme bâtiment-école à quai dans le port de Brest, sans jamais reprendre la mer. Il fut condamné en 1962.


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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 8:46

CLASSE SUFFREN

LE SUFFREN


Le 1er mars 1929, le Suffren donne 31,82 nœuds; et le 13 juillet 1929 il atteint 32,51 nœuds à la puissance maximum de 100 089 cv.
En avril 1930, le Suffren quitte Brest pour Toulon où il arrive le 27 avril. Le 3 mai, il appareille pour Alger escortant le Duquesne battant pavillon du Président de la République Gaston Doumergue, participe à la revue navale à Alger pour les fêtes du centenaire de la conquête de l'Algérie. Le 1er octobre, il est chargé de la croisière de l'École d'application en remplacement du croiseur cuirassé Edgar Quinet qui s'est échoué et cassé en deux. En octobre 1931, il escorte le Duquesne qui emmène le Maréchal Pétain aux États-Unis pour la commémoration du 150eme anniversaire de la victoire de Yorktown par l'amiral De Grasse. En janvier 1932, le Suffren est affecté à l'escadre légère en Méditerranée. En 1934, il est en carénage et travaux à Lorient, jusqu'en novembre 1935. En 1936 il participe aux patrouilles sur les cotes espagnoles par suite de la guerre civile; puis est affecté à la division d'instruction. En 1939 il subit un grand carénage; le 26 juin il quitte Toulon pour l'Indochine ; le 24 juillet, il arrive à Saigon ou il se trouve lors de la déclaration de guerre. Il est intégré dans le dispositif britannique contre les raiders allemands, notamment, la recherche du cuirassé de poche Graf Spee, avec le croiseur HMS Kent; en mai 1940, il escorte un convoi de Colombo à Alexandrie; le 18 mai, il est affecté à la force X à Alexandrie, avec laquelle il sera immobilisé du 22 juin 1940 au 22 juin 1943, (pour plus d'informations voir le blog MDV); le 3 septembre 1943, le Suffren arrive à Dakar; la force X est dissoute; le Suffren aurait bien besoin d'un carénage après sa longue station à Alexandrie, et après le refus des américains de le moderniser; ses catapultes, hydravions, tubes lance torpilles et mat arrière sont débarqués; il reprend ses patrouilles en Atlantique central, jusqu'en juin 1944, ou la 1er division de croiseurs est dissoute; ses chaudières sont retubées lentement à Casablanca en fonction des disponibilités du port; il reprendra la mer le 21avril 1945; de juin à aout 1945, le Suffren est modernisé ; les 75 mm sont regroupés à l'arrière, 8 affuts simples de 40 mm, et 20 de 20 mm sont installés; les blocs passerelles avant et arrière sont modifiés pour recevoir la DCA, et un mat gaule est ajouté derrière le tripode, pour supporter des radars.
lE suffren EN 1945
Le 29 juin, départ de Toulon pour Diégo Suarez, Colombo et retour à Toulon, le 26 aout; le 12 septembre, le Suffren repart pour l'Indochine et rentre à Toulon le 21 novembre; le 9 février 1946, nouveau départ pour l'Indochine; il tire 69 coups de 203 mm sur la batterie tenue par des vietnamiens sur l'ile de Cat-Ba pour la museler, de décembre 1946 à février 1947, le Suffren tire encore 92 coups de 203 mm, dans le secteur de Tourane; il appareille pour la France, le 18 février 1947, arborant la marque du vice-amiral Auboyneau, il arrive à Toulon le 24 mars 1947; le 1er octobre 1947, il est désarmé et placé en réserve; il sert de bâtiment base pour les écoles à l'angle Robert à l'entrée de l'arsenal, ou il restera jusqu'en 1971; lui tiendront compagnie durant cette période: le croiseur Emile Bertin et le cuirassé Lorraine de 1949 à 1952; le croiseur Montcalm remplace l'Emile bertin en 1959; en 1961 le cuirassé Jean Bart est placé à tribord; le Suffren perd ses canons de 203 mm en 1956 ; le 1er janvier 1963, il prend le nom d'Océan; le nom de Suffren ayant été donné à une frégate lance-missiles; en 1967 il devient le doyen des bâtiments à flot; en 1971 il quitte l'angle Robert pour l'intérieur de l'arsenal, il est condamné le 24 mars 1972, et conduit à Brégaillon, le cimetière naval au fond de la rade de Toulon; il est mis en vente le 5 novembre 1975, et quitte définitivement Toulon le 22 février 1976, pour être démoli dans un chantier espagnol, après 51 ans d'existence




LE COLBERT.


Croiseur lourd de 1ère classe, de la série dite des "10 000 t", dont 7 furent construits. Le Colbert est un croiseur de la classe Suffren qui comprenait quatre bâtiments, les trois autres étant les Foch, Dupleix et Suffren. Il dérive du type Tourville avec une meilleure protection qui se paye par une perte de vitesse de 2 nœuds. Ce navire aurait coûté 147 millions de francs de l'époque.

Le premier rivet est posé par le ministre de la Marine Georges Leygues à l'arsenal de Brest le 12 juin[1] 1927. Le lancement a lieu le 20 mars 1928, en présence du vice-amiral Violette, chef d'état-major général. Il est armé le 15 juin 1929 pour essais, essais qui prendront fin le 15 septembre.

Dès sa mis en service le 11 novembre de la même année, il rallie la Méditerranée pour être incorporé à la 1ère Division légère.

En mai 1930, il est au sein de la Division Présidentielle, lors des fêtes du centenaire de la conquête de l’Algérie. Il rallie ensuite Brest avec le ministre de la Marine à son bord, et participe aux fêtes franco-canadiennes de Dieppe avant de regagner Toulon. Il appareille ensuite le 13 octobre avec le Président de la République à bord, pour Casablanca pour revenir à Toulon le 23.

Le 7 septembre 1934, il embarque le ministre de la Marine à Bastia, pour Bizerte, puis revient à Saint Raphaël. Le 9 octobre, le Colbert est sur rade de Marseille, avec le ministre de la Marine à bord, pour l'arrivée du roi Alexandre de Yougoslavie qui va périr quelques heures plus tard dans un attentat. Il escortera le contre- torpilleur Dubrovnik, ramenant le corps du souverain à Split pour revenir à Toulon le 22 octobre.





Le croiseur Colbert

1928 - 1942

Chantier de construction : Brest
Mise sur cale : 12 juin 1927
Lancement : 20 avril 1928
Mise en service : 11 nov. 1929

Caractéristiques
Dimensions : L : 185 m (pp), 194,20 m (ht) x B : 19,10 x TE : 6,35 m
Déplacement : 9 938 tW, 11 290 t normal, 12 780 t pc (pleine charge)
Propulsion : 9 chaudières Guyot du Temple (20 kg/cm²) – 3 turbines Rateau Bretagne, 3 hélices. Toute la machinerie est montée par A&C de Bretagne
Puissance: 106 000 ch
Auxiliaires : 3 diesels Renault
Combustible : 1 500 t de mazout, 640 t de charbon.
Protection : léger blindage autour des machines et chaudières avec 17 cloisons étanches montant jusqu'au pont supérieur. La protection comprend aussi des caissons pare-torpilles
Rayon d'action : 5 300 N à 15 n ; 3 700 N à 20 n
Vitesse: 31 nœuds (29 nœuds à mi-puissance)
Effectif: 31 officiers et 615 officiers mariniers et marins

Armement:

1939 - 4x2 203 mm + 8 90 mm AA + 8 37 mm + 12 mitrailleuses de 13,2 + 2 tubes lance torpilles triples de 550 mm + 2 catapultes et 3 hydravions
1942 - 4x2 203 mm + 8 90 mm AA + 14 37 mm + 32 mitrailleuses de 13,2 + 4 mitrailleuses de 8mm + 2 tubes lance torpilles triples de 550 mm + 2 catapultes et 2 hydravions

Historique

Croiseur lourd de 1ère classe, de la série dite des "10 000 t", dont 7 furent construits. Le Colbert est un croiseur de la classe Suffren qui comprenait quatre bâtiments, les trois autres étant les Foch, Dupleix et Suffren. Il dérive du type Tourville avec une meilleure protection qui se paye par une perte de vitesse de 2 nœuds. Ce navire aurait coûté 147 millions de francs de l'époque.

Le premier rivet est posé par le ministre de la Marine Georges Leygues à l'arsenal de Brest le 12 juin[1] 1927. Le lancement a lieu le 20 mars 1928, en présence du vice-amiral Violette, chef d'état-major général. Il est armé le 15 juin 1929 pour essais, essais qui prendront fin le 15 septembre.

Dès sa mis en service le 11 novembre de la même année, il rallie la Méditerranée pour être incorporé à la 1ère Division légère.

En mai 1930, il est au sein de la Division Présidentielle, lors des fêtes du centenaire de la conquête de l’Algérie. Il rallie ensuite Brest avec le ministre de la Marine à son bord, et participe aux fêtes franco-canadiennes de Dieppe avant de regagner Toulon. Il appareille ensuite le 13 octobre avec le Président de la République à bord, pour Casablanca pour revenir à Toulon le 23.

Le 7 septembre 1934, il embarque le ministre de la Marine à Bastia, pour Bizerte, puis revient à Saint Raphaël. Le 9 octobre, le Colbert est sur rade de Marseille, avec le ministre de la Marine à bord, pour l'arrivée du roi Alexandre de Yougoslavie qui va périr quelques heures plus tard dans un attentat. Il escortera le contre- torpilleur Dubrovnik, ramenant le corps du souverain à Split pour revenir à Toulon le 22 octobre.


le croiseur vers 1928 (c) Service Historique de la Marine

Il entre en grand carénage à Lorient en 1935. Il sera de retour en Méditerranée l'année suivante et appareille de Toulon le 3 septembre pour prendre part à la surveillance internationale des côtes d'Espagne et à la protection de nos nationaux.

Le début de l'année 1937 va être particulièrement chargé, avec le 3 janvier un appareillage de Toulon avec le ministre de Marine, vers la Tunisie et l'Algérie, et retour le 15. Le 2 avril, nouveau départ avec le ministre de la Marine pour Casablanca et Oran, avec retour le 15. Enfin, il participe à la croisière de l'Escadre dans l'Atlantique, puis fait escale, notamment, à Brest et Lisbonne.

Du 9 au 14 juin 1938, le Colbert séjourne à Beyrouth avec l'escadre de la Méditerranée. Début 1939, il appareille avec le Foch et le Suffren, et le Président du Conseil à bord, pour la Corse et la Tunisie.

Puis c'est la mobilisation. Le Colbert est alors affecté à la 2ème division de croiseurs de la 3ème escadre. Il appareille pour Oran le 2 septembre, puis, tout danger de conflit local semblant écarté, rejoint Toulon le 18 septembre avant de faire un carénage rapide, en octobre. Il appareille le 25 octobre avec sa division pour relever la 3ème D.C. à Bizerte jusqu'au 8 décembre. Il va alors faire escale à Beyrouth et Malte, puis Bizerte et à nouveau Malte. Le 9 janvier 1940, la 2ème D.C. est de retour à Toulon.

Le 24 janvier 1940, le Colbert appareille de Dakar pour la surveillance Atlantique sud (et recherche du cuirassé de poche Admiral Scheer). Le 12 mars, il quitte Dakar, et le 15, rallie la force X au large des Canaries, commandée par l'amiral Duplat avec l'Algérie et le Foch qui avaient appareillé avec un stock d'or le 10 mars, de Toulon pour Halifax. Il repartira d'Halifax le 29 mars en escortant deux cargos et arrive le 8 avril à Dakar où il va stationner deux mois.

On retrouve le Colbert les 13 et 14 juin, où il appareille de Toulon pour un raid sur la côte italienne, suivi dans la nuit par un bombardement de la région de Gênes. Il fut cité à l'ordre de l'armée de Mer, à cette occasion. Le 3 juillet enfin, il appareille avec la 3ème DC pour aller au secours des rescapés de Mers-el-Kébir.
Ce sera sa dernière mission. Il entre en grand carénage le 1 août et est placé en gardiennage à Toulon, suite à l'armistice, en novembre et décembre. Au mois de janvier 1941, il est incorporé dans la 3ème escadre de croiseurs des Forces de Haute Mer. En août 1942, au cours d'une IPER[2] de trois mois, il reçoit un des premiers radars français.
Le 27 novembre 1942, le Colbert, est accosté à l'appontement n°5 de Milhaud lorsqu'il est sabordé par son état-major et son équipage pour échapper aux allemands qui envahissent l'arsenal. Le feu ravagera le bord pendant 10 jours.
En 1948, le bâtiment, qui est irrécupérable, est démoli sur place.



LE DUPLEIX


Le Dupleix entre en service le 20 juillet 1932.
En 1933, il est affecté à la 1er escadre, 1er division légère; en 1934 celle ci effectue des exercices en Méditerranée; puis à la 3ém division légère; le 1er novembre la 1er division légère est réorganisée.
Du 15 au 25 janvier 1935, première sortie de l'année; du 27 février au 15 mars, exercices sur les cotes corses; sortie d'entrainement le 25 mars. Du 8 au 14 mai 1935, escale à Naples; le 26 octobre sortie d'entrainement.
Du 20 au 26 février 1936, il est en rade de Villefranche pour le carnaval de Nice.
Le 15 novembre 1936, le Dupleix devient navire amiral, le temps de l'indisponibilité de l'Algérie pour carénage. Le 1er février 1937, le Dupleix entre en carénage jusqu'au 3 septembre 1937; au retour en escadre, il est affecté à la 1er DC; le 19 octobre il appareille pour entrainement.
Le 20 novembre, le Dupleix porte le pavillon de l'amiral Abrial, par suite de l'indisponibilité de l'Algérie, jusqu'au 1er avril 1938.
Le 26 février 1938, il est en rade de Villefranche; le 11mai, il appareille avec l'escadre pour une croisière en Méditerranée orientale; retour à Toulon le 1er juillet. Du 20 au 23 septembre, il mouille à Cavalaire.
Le 31 mai 1939, sortie de l'escadre sur les cotes provençales.
Du 20 au 30 janvier 1939, il est à Casablanca; puis escale à Gibraltar; Oran; Bizerte et retour à Toulon. Du 6 au 10 mars, il fait escale en Corse.
Du 5 au 7 juillet, les croiseurs font une école à feu groupée; tir des 203 mm sur cibles; le 28 aout la flotte de Méditerranée devient forces de haute mer; le 2 septembre le Dupleix appareille de Toulon pour Mers el Kébir; retour à Toulon le 19 septembre; en avril 1940 il appartient à la 3ém escadre à Toulon.
Le 7 octobre 1939, le Dupleix fait partie de la force X à Dakar chargée de poursuivre d'éventuels corsaires allemands; le 14 juin suite au bombardement de Toulon par l'aviation italienne, le Dupleix et le Colbert participent à l'opération Vado sur les cotes italiennes et bombardent Gênes.
A compter du 25 juin 1940, entrée en vigueur de l'armistice; les sorties sont de plus en plus brèves, d'une part par suite des autorisations de la commission d'armistice; mais aussi par manque de combustible pour les navires.
Du 1er janvier 1941 au 4 octobre 1941; le Dupleix est en gardiennage; il ressort aux Salins du 21 au 24 octobre; du 6 au 13 février 1942, sortie aux Salins également du 24 au 30 aout 1942.
Il y a très peu de sorties en 1942, par suite du manque de combustible.
Le 27 novembre 1942, sabordage à Toulon de la flotte. Le Dupleix est dans la darse Missiessy; il est incendié; il est jugé irrécupérable. Les superstructures sont démolies; la coque est renflouée le 3 juillet 1943; le bâtiment qui n'est plus qu'un ponton est accosté à l'appontement de Milhaud; les allemands récupèrent des équipements; la coque du Dupleix est touchée par le bombardement du 11mars 1944; il finit par couler, la démolition sous marine sera achevée en 1951.


LE FOCH


Le croiseur du programme 1927 aurait du s'appeler Louvois; lorsque le Maréchal Foch, héros militaire de la première guerre mondiale décède le 20 mars 1929; le nom de Foch est donné au croiseur alors sur cale. Le Foch entre en service le 15 septembre 1931.
En 1932, le Foch est navire amiral de l'escadre légère; il effectue des exercices sur les cotes de Provence; croisière en Méditerranée orientale; mais annulation des festivités prévues par suite du deuil faisant suite à l'assassinat du Président Paul Doumer.
En 1933 il appartient à la 3ém division légère; le 20 juin il fait escale à Barcelone.
En 1934, la 1er division légère effectue des exercices en Méditerranée; et se rend à Brest en mai; la 3ém division légère appareille le 15 novembre pour une première sortie d'escadre avec l'Algérie, nouveau navire amiral de l'escadre de Toulon. Le 22 novembre le Foch mouille à Golfe Juan.
Du 15 au 25 janvier 1935, première sortie de l'année; sortie d'entrainement le 25 mars; le 1er juin il est en escale à Bone; sortie d'entrainement le 26 octobre.
Le 21 février 1936, escale à Golfe Juan.
Du 1er février au 10 février 1937, le Foch est navire amiral, pendant le carénage de l'Algérie
En 1937 la 1er division légère prend le nom d'escadre de Méditerranée; du 12 au 16 mars il se rend à Marseille; du 11 au 15 juin à Lisbonne; puis Alger du 22 au 29 juin, et retour à Toulon le 30 juin; le 3 septembre l'escadre devient la 1er DC.
Le 26 février 1938, escale en rade de Villefranche; le 11 mai il appareille avec l'escadre pour une croisière en Méditerranée orientale; retour à Toulon le 1er juillet.
Du 20 au 30 janvier 1939, il est à Casablanca; puis escale à Gibraltar, Oran; Bizerte et retour à Toulon. Du 6 au 10 mars escales en Corse.
Le 9 mai 1939, sortie pour exercice; du 19 au 28 juillet, sortie sur les cotes de Provence; nouvelle sortie du 7 au 12 aout; le 28 aout, la flotte de Méditerranée devient forces de haute mer à Toulon; le Foch appareille le 31 aout, pour escorter un convoi; le 2septembre il appareille de Toulon pour Mers el Kébir; retour à Toulon le 19 septembre; Le 13 novembre 1939, le Foch intègre la force X à Dakar puis retour à la 3ém escadre à Toulon; 14 juin il participe à l'opération de bombardement de Vado sur la cote italienne. Le 4 juillet 1940, il appareille de Toulon pour Alger; de brèves sorties peu nombreuses sont effectuées jusqu'à la fin de l'année 1940, faute de combustible. Du 18 au 20 février 1941, il appareille pour les Salins, du 28 au 30 avril et du 15 au 19 juillet; le 4 octobre 1941 le Foch est mis en gardiennage. Le 27 novembre 1942, la flotte se saborde à Toulon. Le Foch est coulé dans la darse de Castigneau; il n'est pas incendié, néanmoins les destructions effectuées le rendent irrécupérable; il est renfloué le 16 avril 1943; après un court séjour à Milhaud, il est conduit à La Seyne, ou il est démoli, après récupération du matériel utilisable.
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 9:01

CLASSE ALGERIE.

ALGERIE


Le croiseur Algérie est seul de son type; la conception de l'Algérie est très différente de celle de ses prédécesseurs; la forme de la coque est repensée. Pour pouvoir améliorer de manière importante la protection; mais aussi l'armement secondaire, sans réduction de la vitesse par rapport aux Suffren, tout en conservant le même déplacement de 10 000 tw; il a fallu rechercher des gains de poids: il n'y a plus de teugue, la coque est "flush deck"; la surchauffe permet aussi de gagner du poids sur l'appareil propulsif; il a quatre lignes d'arbres au lieu de 3 sur les Suffren, ce qui améliore le rendement des hélices, (absence de cavitation à grande vitesse) , le bâtiment est moins long et plus large, il y a un important allégement de la coque grâce à la soudure. La protection est très renforcée; une ceinture cuirassée remplace le caisson des Suffren.
La silhouette est aussi très différente, une seule cheminée, et une tour qui remplace le tripode habituel.

L'Algérie appartient à la tranche 1930, ( il est nommé Algérie parce que cette année la, est fêté avec fastes le centenaire de la conquête de l'Algérie); il a été mis sur cale le 19 mars 1931 à l'arsenal de Brest; lancé le 21 mai 1932; il est entré en service le 5 septembre 1934.
Caractéristiques de l'Algérie.
déplacement: 10 000 tw; 10 950 t normal; 13677 t en pleine charge
dimensions: longueur 186,20 m; largeur 20 m; tirant d'eau:6,14 m
puissance: 84 000 cv; vitesse 31noeuds; rayon d'action 5 500 miles à 15 nœuds
machines: turbines à engrenages Rateau-Bretagne; 5 chaudières indret timbrées à 27 kg/cm2 surchauffe à 325°; 4 hélices supra-divergentes de 3,60 m
effectif: 616 hommes
Armement: 8 canons de 203mm modèle 1924
12 canons de 100 mm modèle 1930, en 6 affuts doubles
8 canons de 37 mm
6 tubes lance torpilles de 550 mm
1 catapulte, 2 avions
protection: ceinture cuirassée de 110 mm; pont blindé de 80 mm; tourelles et blockhaus 100 mm.


Historique de l'Algérie.
Le 22 janvier 1934, l'Algérie effectue ses essais officiels, il atteint 31,707 nœuds pendant six heures en développant une puissance de 85 190 cv, le 2 février il atteint la vitesse de 33 nœuds pour un puissance maximum de 95 700 cv.
Le 8 octobre 1934; à peine entré en service l'Algérie quitte Brest pour Toulon; ou il devient navire amiral de l'escadre basée sur Toulon; il est également navire amiral de la 1er DL qui comporte les croiseurs Colbert et Dupleix; jusqu'à la guerre l'activité de l'Algérie va comporter des petites sorties individuelles, pour essais ou entrainement, et surtout des sorties de groupe, en division ou en escadre, en général, pour des exercices en Méditerranée occidentale, souvent entre la Corse et la Provence, avec de nombreux mouillages sur la cote.
D'autre part, du 6 au 8 février 1935, l'Algérie fait escale à Malte. Du 8 au 14 mai, l'escadre fait escale à Naples; et ensuite à Kotor en Yougoslavie, puis à Venise et retour à Mers el Kébir, exercices avec l'escadre de Brest; les deux escadres rallient Brest le 16 juin, l'Algérie rentre en Méditerranée le 4 juillet, après une escale à Oran, l'escadre de Méditerranée conduite par l'Algérie rentre à Toulon le 12 juillet. L'Algérie est en carénage du 13 aout au 16 octobre 1935. Du 29 février au 3 mars 1936, les croiseurs sont en escale à Ajaccio. Le10 juillet 1936 un abordage sans gravité entre l'Algérie et le Colbert écorne un peu l'avant de l'Algérie entre les deux écubiers. Il entre en carénage du 3 aout 1936 au 8 février 1937; le 10 il reçoit la marque de l'amiral Abrial; l'escadre gagne l'Atlantique et participe à une revue navale au large de Brest le 27 mai 1937, il est intégré le 29 mai aux forces de Haute Mer, réunion des escadres de l'Atlantique et de la Méditerranée, le 8 juin les FHM sont dissoutes; chaque escadre regagne sa base, l'Algérie fait escale à Lisbonne; Oran; Alger, et rentre à Toulon. Carénage du 17 aout au 8 septembre, puis du 22 novembre 1937 au 15 mars 1938. Le 11 mai 1938 croisière en Méditerranée orientale; Alexandrie; Port Saïd et Beyrouth; Phalère; Navarin; Bizerte et retour à Toulon. Nouveau carénage du 4 novembre 1938 au 15 janvier 1939. Début 1939; escale à Casablanca; à Gibraltar; Oran; Bizerte et retour à Toulon le 2 mars.
Du 5 au 7 juillet, école à feu avec le Dupleix et le Colbert. Le 27 aout 1939, les forces navales prennent l'organisation de temps de guerre. Le 31 aout escorte d'un convoi vers la Corse pour faire face à une menace italienne. Le 7 octobre, le croiseur Algérie est intégré à la force X basée à Dakar, chargée de faire la chasse aux corsaires allemands; la force X intercepte le cargo allemand Santa Fe; l'Algérie rentre à Toulon le 26 novembre, et entre en carénage du 1er décembre au 1février 1940, le 10 mars 1940, l'Algérie et le Bretagne effectuent un transport d'or vers le Canada, et rentrent sur Toulon le 10 avril. Suite à l'entrée en guerre de l'Italie et au bombardement de Toulon, la 3ém escadre bombarde Vado et Gênes; l'Algérie tire sur les réservoirs à combustible de Vado, l'escadre rentre à Toulon le 14 juin. Lors de l'entrée en vigueur de l'armistice, l'Algérie est à Toulon. Les Forces de Haute Mer sont constituées à Toulon le 25 septembre 1940, sous le commandement de l'amiral de Laborde sur le cuirassé Strasbourg; les FHM vont prendre la mer pour des exercices de plus en plus espacés, faute de combustible. Grand carénage du 2 mai à juillet 1941, qui comportent entre autres des travaux d'installation d'une DCA renforcée et suppression du mat arrière; nouveau carénage du 30 avril au 25 juillet 1942, pour retubage des chaudières. Le 27 novembre 1942, l'amiral de Laborde donne l'ordre du sabordage de la flotte de Toulon pour ne pas tomber aux mains des allemands qui ont envahi la zone sud. L'Algérie est aux appontements de Milhaud; il est incendié, les machines et canons sont sabotés, l'Algérie brulera pendant 20 jours; il est irrécupérable, il est néanmoins renfloué pour libérer le poste, les superstructures sont démolies, et l'acier envoyé en Allemagne, la coque est remise à flot le 19 aout 1943, elle est remorquée à Bregaillon au fond de la rade, l'étanchéité n'étant pas bonne, il s'échoue, il est endommagé lors des bombardements du 7 mars 1944, il coule à Brégaillon, il est renfloué en 1949, l'épave est condamnée en 1955 et démolie en 1956.
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 10:13

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CROISEURS LEGER OU DE 2EME CLASSE

CLASSE DUGUAY-TROUIN

LE DUGUAY-TROUIN


Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 4 août 1923 et lancé le 14 août 1924. Il est armé pour essais le 1er août 1925, armé définitif le 10 septembre 1926 et enfin admis au service actif le 15 février 1927.

Avec ses deux sister-ship, il forme la 3ème Division Légère de la 2ème Escadre. La division est affecté en Méditerranée (1ère escadre) d'août 1928 à 1933. Après plusieurs périodes de travaux, il rejoint le Lamotte-Picquet au sein d'une 2ème D.L de la 2ème Escadre. Cette division est dissoute le 1er juillet 1936 et le croiseur est affecté à la Division d'Instruction de la 1ère Escadre à Toulon.
Cette division est dissoute le 10 juin 1939, le Duguay Trouin étant affecté à Lorient, formant avec le croiseur mouilleur de mines Pluton la Division de croiseurs de la 5ème Escadre à l'existence éphémère (puisqu'elle est dissoute le 18 novembre 1940), retrouvant la 1ère escadre à Brest le 5 septembre 1939.
Le Duguay Trouin est alors basé à Dakar jusqu'au 18 janvier 1940 quand il gagne Lorient pour un grand carénage. Le 1er mai, il est affecté à la Division du Levant qui rallie la Force X à Alexandrie, force composée du cuirassé Lorraine, des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, des torpilleurs Fortune Forbin et Basque (classe L'Adroit) et du sous marin Protée. L'intelligence des amiraux Godeffroy et Cunnigham fait que l'opération Catapult aboutit dans le grand port egyptien à un gentleman agreement qui voit l'immobilisation des navires français jusqu'en juin 1943.
Le Duguay Trouin reprend le combat le 15 janvier 1944, utilisé comme navire de transport rapide entre l'Afrique du Nord et Naples. Il subit un grand carénage entre novembre 1945 et mars 1947 à Toulon. En mai 1947, il participe à la répression de l'insurrection malgache avant de rallier ensuite l'Indochine où il arrive le 14 novembre 1947. Il est y déployé jusqu'en septembre 1951, regagnant Toulon où il arrive le 22 octobre. Mis en réserve le 15 décembre 1951, il est rayé et condamné le 29 mars 1952, démantelé dans la région toulonaise.


Le LAMOTTE PICQUET.


Le Lamotte-Picquet est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 17 janvier 1923, mis à flot le 21 mars 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitif le 1er septembre 1926 et admis au service actif le 30 novembre 1926.

Après plusieurs croisières (Angleterre, Amérique du Sud et Antilles), le Lamotte-Picquet et la 3ème DL est affecté à la 1ère Escadre en Méditerranée en juin 1928 et ce jusqu'en 1932. En 1932, le croiseur est affecté à la 2ème Escadre en compagnie du Duguay Trouin.
Après un grand carénage à Lorient (septembre 1933-décembre 1934), le croiseur est affecté aux Forces Navales Françaises d'Extrême d'Orient (FNFEO), quittant Brest le 2 novembre 1935 pour Saigon où il arrive le 30 décembre 1935. Il ne le sait pas encore mais le croiseur ne reverra plus la France.
A partir du déclenchement de la guerre, le Lamotte-Picquet effectuera de nombreuses missions au large de l'Indochine mais aussi en Chine, pour protéger la concession française de Shanghaï. Les maigres forces françaises en Indochine doivent faire face à des thaïlandais particulièrement belliqueux soutenus en sous main par Tokyo.
Soucieux de montrer ses muscles, la France rassembla une flotte hétéroclite (croiseur Lamotte Piquet, avisos coloniaux Amiral Charner et Dumont d'Urville, avisos Tahure et Marne) et âgée et surpris la marine siamoise en baie de Koh Chang le 17 janvier 1941 et lui infligea une sévère défaite ce qui indisposa les japonais.
Placé en réserve le 1er janvier 1944, le Lamotte-Picquet est immobilisé dans la rivière Saigon. Le 12 janvier 1945, les bombardiers en piqué de la TF38 l'attaquent, le touchant de plusieurs bombes et le vieux croiseur finit par chavirer. L'épave est toujours là en 2010.


Le PRIMAUGUET.


Le Primauguet est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 16 août 1923 lancé le 21 mai 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitivement le 1er octobre 1926 et admis au service actif au sein de la 3ème division légère avec ses deux sister-ship en avril 1927.

Il effectue une croisière autour du monde du 20 avril au 22 décembre 1927, effectuant des escales à Saigon, Hong Kong, Shanghaï, Hankéou sur le Yang-Tsé, Yokohama, Honolulu, San Francisco, San Diego, canal de Panama, Saint Thomas dans les Antilles, Canaries.
Placé en disponibilité armée à son retour, il est réarmé à effectif complet le 1er mars 1928 puis reprend son service actif en août 1928. A partir du mois de septembre, il est affecté à la 1ère escadre à Toulon. Il subit un grand carénage à Bizerte (octobre 1931-avril 1932) avant d'être affecté en Extrême Orient, arrivant à Saïgon pour remplacer le Waldeck Rousseau le 18 mai 1934.
De retour en France en février 1936, il subit un grand carénage jusqu'en septembre 1937 avant de gagner Toulon le 14 septembre 1937 mais ce séjour est fort bref puisqu'il gagne à nouveau l'Extrême Orient, arrivant à Saigon le 21 novembre 1937 où il forme la 5ème division de croiseurs avec le Lamotte-Piquet.
Il regagne la Métropole, arrivant à Dakar le 15 septembre, intégré à la 5ème Escadre basée à Lorient, formée des vieux cuirassés Paris et Courbet, la 6ème division de croiseurs (Duguay Trouin et Primauguet) et la 7ème division de croiseurs (Jeanne d'Arc et Pluton).
Il effectue plusieurs missions d'escorte entre Dakar et Lorient avant de subir un grand carénage entre octobre 1939 et février 1940 puis après les essais et la remise en condition, il gagne Toulon le 8 mars 1940.
Il ne tarde pas à regagner l'Atlantique pour des patrouilles, des missions de surveillance. Le 23 juin 1940, il embarque au Verdon un chargement d'or qu'il met à l'abri à Casablanca le 25 juin 1940, effectuant plusieurs transports d'or entre Casablanca et Dakar.

Longtemps immobilisé à Casablanca, il participe à la défense du Maroc contre les forces américaines, participant à la fameuse charge de la 2ème Escadre légère contre notament les croiseurs Augusta et Brooklyn sans parler de l'intervention des Dauntless du Ranger.
Le Primauguet est touché à 10h30 par trois projectiles qui n'explosent pas, à 10h45 par un projectile qui explose à proximité de l'arrière, à 11h30 par un obus qui crève une chaudière ce qui ne l'empêche pas de toucher le Massachusetts à 10h57. Il est cependant touché par une bombe d'avion à 10h40. Il s'échoue aux Roches Noires à 12h28, touché encore par des bombes et des obus avant d'être évacué vers 18h. L'épave restera jusqu'en mai 1951 quand elle sera démantelée.
Cette véritable charge suicide impressione les américains qui non seulement la cite comme référence en matière de courage et de discipline dans la formation de leurs officiers et rendront hommage aux marins français en baptisant un porte-avions d'escorte du nom de Casablanca.
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 10:45

CLASSE JEANNE D'ARC

LE JEANNE D'ARC


Le Jeanne d'Arc est mis sur cale aux Ateliers et chantiers navals de Saint Nazaire-Penhoët le 31 août 1928 lancé le 14 février 1930, armé pour essais le 15 décembre 1930, armé définitivement le 1er avril 1931 et admis au service actif le 6 octobre 1931, quatre jours avant le début de sa première campagne.
La dernière croisière d'avant-guerre de la «Jeanne» s'achève le 16 avril 1939 et devant l'imminence du conflit, il est armé à effectif de guerre le 24 août puis affecté une semaine plus tard au théâtre de l'Atlantique Ouest. Il effectue plusieurs patrouilles dans les antilles avant de gagner en avril 1940 le Maroc puis la métropole

Le 21 mai 1940, il appareille de Brest en compagnie de l'Emile Bertin avec 312 tonnes d'or de la Banque de France à mettre à l'abri à Halifax. Si le croiseur mouilleur de mines repart aussitôt, le croiseur école attend le porte-avions Béarn qui chargeait des avions américains, le croiseur embarqua six Curtiss H-75 Hawk en caisses.
Les deux navires appareillent d'Halifax le 16 juin mais devant la détérioration de la situation militaire en France, ils reçoivent l'ordre de se dérouter sur les Antilles d'abord Fort de France le 27 où il retrouve l'Emile Bertin puis à Pointe à Pitre où il arrive deux jours plus tard pour près de toris années d'immobilisation.
Le ralliement aux nouvelles autorités françaises est particulièrement longue et ce n'est qu'à la fin du mois d'août 1943 que «La Jeanne» quitte les Antilles pour l'Afrique du Nord. Il effectue alors plusieurs missions de transport en direction de la Corse mais également vers la métropole en cours de libération. A Toulon le 22 octobre 1944, il forme la 3ème DC avec l'Emile Bertin et le Duguay Trouin, effectuant quelques tirs d'appui et des missions de transport de troupes.
Il subit un grand carénage à Oran du 17 octobre 1945 au 8 août 1946 avant de reprendre son rôle de navire école à partir du moins de septembre, effectuant dix huit campagnes jusqu'en juin 1964. Il est mis en réserve le 1er juillet 1964 puis condamné le 25 mars 1965 avant d'être vendu à la démolition le 28 octobre puis d'être démoli à la Seyne sur Mer à partir de janvier 1966.

Caracteristiques techniques du croiseur-école Jeanne d'Arc
Déplacement : 6500 tonnes
Dimensions : longueur 170m largeur : 17.70m tirant d'eau 6.50m
Vitesse maximale : 25 noeuds (27.86 noeuds atteints aux essais)
Distance franchissable : 4000 miles nautiques à 20 noeuds, 6000 miles nautiques à 14 noeuds

Armement :

-8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles. Ce canon de 50 calibres tire des obus 56kg à 26100m à raison de 3 coups par minute.
La tourelle double modèle 1921 pèse 80 tonnes en ordre de combat permettant aux canons de pointer en site de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut de -140° à +140° à raison de 6.4° par second. La dotation en munitions est de 125 obus par canon soit un total de 1000 obus.
-4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute. L'affût permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions globale est de 540 obus explosifs, de 120 obus éclairants et de 90 obus d'exercice.
-12 mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts quadruples. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique :2500m) et un plafond pratique de 1500m.
-2 tubes lance-torpilles de 550mm. La torpille standard est la 23DT qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds

Aviation :
Deux selettes pour deux hydravions CAMS 37

Equipage :
28 officiers 120 officiers mariniers et 424 matelots. 156 élèves embarquables.

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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 10:50

CLASSE PLUTON.

LE PLUTON


Le Pluton est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 16 avril 1928 lancé le 10 avril 1929, armé pour essais le 15 mai 1930, armé définitivement le 15 novembre 1931 et admis au service actif le 25 janvier 1932.

Le 16 janvier 1932, il quitte Lorient pour Toulon où il est affecté à la Division d'instruction de la 1ère escadre plus précisément comme navire de «l'école d'application du Tir à la mer». Egalement utilisé comme transport de troupes, il est utilisé dans ces deux rôles jusqu'en 1939.

Le 10 juin 1939, la Division d'instruction est dissoute et le Pluton rejoint la 5ème escadre à Lorient et c'est à ce moment que la décision est prise de le transformer en navire-école d'Application des enseigne de vaisseau en complément du croiseur école Jeanne d'Arc sous le nom de La Tour d'Auvergne. Le 28 août, il forme théoriquement avec la «Jeanne» la 7ème division de croiseurs mais cette division n'aura aucune réalité effective.

Au moment où éclate la guerre, la France craint une démonstration des cuirassés allemands sur les côtes marocaines. Le 2 septembre 1939, le Pluton appareille de Brest avec un chargement de 125 mines B4 et arrive à Casablanca le 5 septembre 1939.
Entre temps l'opération de minage est devenue sans objet et le Pluton reçoit l'ordre de débarquer ses mines. Le désamorçage et le déchargement des engins doivent avoir lieu le 13 septembre 1939 mais dès le début de l'opération, une énorme explosion ravage le navire et entraine son naufrage. Trois bateaux de pêche amarrés à côté coulent également : l'Etoile du Matin, le Sultan et la Marie Merveilleuse provoquant la mort de 207 hommes.

Caracteristiques techniques du Pluton
Déplacement : standard 5300 tonnes pleine charge : 6214 tonnes
Dimensions : longueur 152.5m largeur : 15.5m Tirant d'Eau : 5.20m
Propulsion : Deux turbines Rateau-Bretagne alimentées par 4 chaudières à petits tubes dévellopant une puissance maximale de 57000 ch actionnant deux hélices

Vitesse maximale : 30 noeuds (31.6 noeuds atteint aux essais) Distance Franchissable : 4510 miles nautiques à 14 noeuds

Armement
-4 canons de 138mm modèle 1923 de 40 calibres en 4 affûts simples (deux avant deux arrière). Ce canon tire des obus de 40kg à 19000m à raison de 5 coups par minute
-4 canons de 75mm de 50 calibres modèle 1922 en 4 affûts simples latéraux (deux à tribord et deux à babord entre les deux cheminées). Ce canon tire des obus de 6kg à 15000m avec une plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute
-2 canons de 37mm de 50 calibres modèle 1933 en un affût double. Ce canon tire des obus de 0.7kg à 9500m avec une plafond de 5000m à raison de 30 coups/minute.
-12 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en trois affûts quadruples. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique :2500m) et un plafond pratique de 1500m.
-250 à 270 mines.

Equipage : 424 hommes. En configuration transport de troupes, il peut embarquer 1000 hommes

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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 11:06

CLASSE EMILE BERTIN.

L'EMILE BERTIN


Ce bâtiment connu une carirère hors du commun...

L'Emile Bertin est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Navals de Saint Nazaire-Penhoët le 18 août 1931 et lancé le 9 mai 1933 en présence du ministre de la Marine Georges Leygues. Le croiseur est armé pour essais le 15 mai 1934 suivit de sa première sortie à la mer pour sa présentation en recette le 28 juin 1934.
Le croiseur quitte son port constructeur le 9 juillet 1934 pour Brest où il arrive le lendemain 10 juillet. Après une série d'essais réalisés du 17 juillet au 14 août (au cours desquels il atteint la vitesse de 40.2 noeuds !), il entre en démontages le lendemain 15 août.
Entré en armement définitif le 15 octobre 1934, il subit d'autres tests notament pour recetter l'artillerie et les torpilles avant que la cloture de l'armement ne soit prononcée le 28 janvier 1935.
La Directive Ministérielle D.M.81 EMG/3 du 6 février 1935 affecte provisoire l'Emile Bertin à la 2ème escadre basée à Brest en attendant que ne soient achevés les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne avec qui il doit fomrer une division au sein de la 1ère escadre à Toulon.
Le 8 février 1935, le nouveau fleuron de la marine nationale appareille de Brest pour sa croisière d'endurance. Il fait successivement escale à Funchal (Ile de Madère) du 11 au 13 février, Port Etienne (auj. Nouadibu en Mauritanie) pour la nuit du 15 au 16, Dakar du 17 au 20, Fort de France du 1er au 3 mars avant une tournée dans les Antilles françaises pour montrer le pavillon. Il quitte les Antilles le 19 mars pour Brest où il arrive le 1er avril 1935 après une escale à Ponta Delgada aux Açores du 26 au 28 mars 1935. Le matériel s'est parfaitement comporté.
L'Emile Bertin effectue un premier entrainement de groupe avec la 2ème Escadre en baie de Quiberon du 9 au 18 mai 1935 avant de gagner Le Havre où il représente la marine à la croisière inaugurale du paquebot Normandie lui aussi construit à Saint Nazaire, les deux navires effectuant même un bout de chemin ensemble le 24 mai. Le croiseur est de retour à Brest le lendemain.
Après des exercices dont plusieurs écoles à feu, l'Emile Bertin subit un petit carénage dans son chantier constructeur de juin à août 1935. Le 28 août 1935, il entre à Brest saluant de treize coups de canon le cuirassé Provence qui arbore la marque du vice-amiral Darlan, commandant en chef de ka 2ème escadre avant de s'embosser derrière la Digue Sud.
L'Emile Bertin devient le 1er septembre 1935,navire-amiral du Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème escadre composé alors de la 4ème Division Légère (contre-torpilleurs Milan Epervier et Valmy) et de la 6ème Division Légère (contre-torpilleurs Bison Lion Vauban).
Après plusieurs exercices avec ses contre-torpilleurs, l'Emile Bertin appareille de Brest le 5 décembre 1935 pour les Antilles où il doit représenter la Marine aux commémorations du tricentenaire du rattachement des Iles à la France.

Accompagné par le contre-torpilleur L'Audacieux et du croiseur sous marin Surcouf, L'Emile Bertin arrive à la Guadeloupe le 15 décembre, se ravitaillant aux Saintes auprès du pétrolier Nivôse. Le croiseur est à Pointe-à-Pitre du 16 au 21 décembre, à Basse Terre où il passe la nuit du 21 au 22 décembre et Fort de France du 23 décembre 1935 au 2 janvier 1936.

Il effectue une série d'exercices du 3 au 7 janvier avec notament deux écoles à feu les 6 et 7 janvier 1936. Il quitte les Antilles françaises le 9 janvier pour Port of Spain (Trinidad et Tobago) et une escale du 10 au 15 janvier 1936.

Après une escale au Cap Vert du 21 au 23 janvier, le croiseur et le contre-torpilleurs retrouve la 2ème Escadre qui avait appareillé de Brest le 14 janvier pour sa croisière d'hiver. Après une escale d'une semaine à Dakar (24-31 janvier 1936), les exercices s'enchaine jusqu'au 7 février quand la 2ème Escadre au grand complet met cap au nord.

L'Emile Bertin après une semaine de repos à Casablanca du 11 au 18 février reprend les exercices avec les autres navires de la 2ème Escadre avant de rentrer à Brest le 27 février 1936.

Après un passage au bassin du 16 au 28 mai 1936, l'Emile Bertin effectue une démonstration en mer d'Iroise dans le cadre de l'inauguration de la nouvelle Ecole Navale par le président de la République Albert Lebrun.

La routine des exercices d'escadre est interrompue par la dégradation de la situation espagnole. Le 17 juillet 1936, un coup d'état militaire à tenté de renverser le gouvernement républicain. Sa réussite partielle provoque le début d'une terrible guerre de presque trois ans, guerre civile qui sera bientôt le champ clos de l'affrontement entre espagnols bien sur mais également entre Allemands, italiens, portugais d'un côté et soviétiques et volontaires étrangers de l'autre (il y avait quelques centaines de volontaires étrangers côté nationaliste notament des français et des irlandais).
Alors en plein exercice, l'Emile Bertin ravitaille rapidement à Lorient le 24 juillet, traverse le golfe de Gascogne en une nuit. Il visite plusieurs ports de la côte basque et galicienne notament Santander, Bilbao, Gijon ou Vigo, évacuant les ressortissants étrangers qu'il transfère au paquebot Mexique. Il est de retour à Brest le 29 juillet 1936.
le 15 août 1936, le Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème Escadre est rebaptisé «2ème Escadre Légère», composée alors de la 8ème DL (L'Indomptable, Le Triomphant et le Malin) et de la 10ème DL (Le Fantasque, L'Audacieux, Le Terrible).


Au sein de la 4ème escadre, l'Emile Bertin est bâtiment hors rang. Sa vitesse en fait un navire parfaitement adapté aux transports rapides. Le 14 septembre 1939, il appareille pour Ajaccio pour transporter deux milliards de francs en billets neufs au Liban.
A l'origine, l'Emile Bertin devait embarquer la précieuse cargaison à Bizerte, prennant la suite du torpilleur La Bayonnaise qui avait appareillé de Marseille mais le mauvais temps bouscule le programme original.
L'Emile Bertin arrive à Ajaccio le même jour, embarque les caisses, appareille en urgence, ravitaille sous les feux à Bizerte en fin de journée le 15 avant de mettre cap à l'est direction Beyrouth où il arrive le 19 septembre.
Sur place, il est inspecté par le commandant en chef au Levant, le général Weygand avant de regagner la France avec à bord 57 tonnes d'or de la Banque de Pologne en 886 caisses plombées, le croiseur arrivant à Toulon le 27 novembre. Ayant connu de nombreuses fuites sur ses collecteurs de vapeur, il doit subir des travaux de maintenance à l'Arsenal du 29 septembre au 14 novembre 1939.

En décembre 1939, l'Amirauté française décide de relever à Dakar le croiseur Foch par l'Emile Bertin. Ce dernier appareille de Toulon le 8 janvier 1940, ravitaille à Casablanca du 12 au 14 puis assure une mission de surveillance dans les parages des îles Canaries.
Plusieurs navires sont arraisonnés avant que l'Emile Bertin ne rallie la Force X à Dakar le 20 janvier 1940. Il est cependant en réserve, prêt à appareiller en cas de besoin, par exemple renforcer le dispositif allié en cas de localisation d'un raider allemand.
Le 30 janvier, un nouveau groupe occasionel, la Force Y est établi à Dakar avec l'Emile Bertin, le Colbert et le Duquesne. Le dispositif est allégé dès le 7 février quand l'Emile Bertin reçoit l'ordre de gagner Brest pour assurer d'autres missions.
Il gagne Casablanca où il arrive le 11 février 1940, embarquant le contre-amiral Derrien venu de Toulon qui pose sa marque sur l'Emile Bertin le 15 février. L'appareillage du grand port marocain à lieu dans l'après midi pour Brest où il arrive le 17 février.
Pour couper la «route du fer», l'Amirauté reconstitue à Brest la force Z le 5 avril 1940. L'Emile Bertin avait lui appareillé d'Oran en compagnie du contre-torpilleur Maillé-Brézé le 2 avril et était arrivé le 5 à Brest.


le 8 avril en fin de journée, l'Emile Bertin accompagné par les contre-torpilleurs Tartu et Maillé-Brézé appareille pour rallier à la mer la 1ère DC de la Royal Navy (croiseur lourd HMS Devonshire et croiseurs léger HMS Glasgow) puis le 9 avril, ces deux forces retrouvent à la mer la 2ème DC (croiseurs légers HMS Galatea et HMS Arethusa) et la 18ème DC (croiseurs légers HMS Southampton et Sheffield). Les navires alliés subissent plusieurs attaques aériennes, l'Emile Bertin étant encadré par trois bombes.

L'Emile Bertin, les contre-torpilleurs Tartu et Maillé Brézé plus les croiseurs légers Galatea et Arethusa sont détachés pour une surveillance de la région de Bergen avant de rentrer à Scapa Flow le 10 avril au soir.

L'opération Weserübung avait été déclenché par les allemands deux jours plus tôt et les alliés toujours en retard avaient enfin décidé d'engager leurs forces terrestres dans la bataille. Le 13 avril 1940, l'Emile Bertin et ses deux contre-torpilleurs (plus des destroyers britanniques) quitte Scapa Flow pour Greenock afin d'escorter le convoi FP-1 (croiseurs auxiliaires El Djézaïr, El Mansour, El Kantara et Ville d'Oran).

Le convoi quitte Greenock le 16 avril mais l'Emile Bertin qui avait appareillé avec quelques heures de retard ne rallie le convoi que le 18 avril au matin direction Namsos. Les bâtiments alliés (ceux déjà mentionnés plus le croiseur antiaérien HMS Cairo) s'engage dans le Foldenfjord le 19 en fin d'après midi quand ils sont attaqués par un Junkers Ju88 du II/KG30 (certaines sources parlent de Heinkel He 111 voir même d'un Dornier Do17). En semi-piqué, il largue deux bombes de 500kg sur l'Emile Bertin. Si la première tombe à dix mètres à tribord au niveau de la tourelle III, la deuxième est un coup au but, l'impact étant localisé à proximité de l'affût CAD de 13.2mm bâbord mais n'explose pas, traversant tout le navire avant de ressortir sous la flottaison.





Quand il est rassuré que les transports ont atteint le Namsenfjord, l'Emile Bertin se retire escorté par le contre-torpilleur Epervier, direction Scapa Flow où il arrive le 20 avril au soir. Il quitte la base écossaise de la Royal Navy ke 21 pour Greenock où le 23, il est relevé par le Montcalm qui devient navire-amiral en portant la marque du CA Derrien.
Arrivé à Brest le 26 avril après deux jours de mer, il entre à l'Arsenal pour réparation des avaries de combat jusqu'au 18 mai 1940. Le lendemain, 19 mai 1940, il est cité à l'ordre de l'Armée de Mer.
Le 20 mai 1940 alors que la situation militaire de la France se dégrade, l'Emile Bertin s'amarre au Quai des flotilles et embarque 2140 caisses d'or représentant un poids total de 100 tonns de métal précieux. Accompagné par le croiseur-école Jeanne d'Arc _lui aussi chargé d'or_, l'Emile Bertin appareille le 21 mai sans escorte (la 2ème DCT ayant été envoyée à Dunkerque), retrouve à la mer le porte-avions Béarn lui aussi chargé d'or. Ils arrivent à Halifax le 1er juin et l'or est débarqué le 2 juin.

L'Emile Bertin appareille seul le 3 juin pour regagner Brest où il arrive le 9, s'amarrant au quai des flottilles où il charge les 10 et 11 juin 290 tonnes d'or (796 caisses et 3986 sacs) puis appareille le soir du 11 juin en compagnie du CT Gerfaut. Les deux navires arrivent à Halifax le 18 juin 1940 mais son commandant, le capitaine de vaisseau Battet refuse de débarquer l'or en l'absence d'ordres précis.
Le 21 juin, l'Amirauté lui ordonne de gagner Fort de France ce à quoi les autorités navales britanniques s'opposent. L'appareillage à lieu dans un contexte tendu, l'Emile Bertin ayant ainsi sur les basques, un mouchard particulièrement puissant, le croiseur lourd Devonshire. Dans la nuit, le CV Battet fausse compagnie à son mouchard et arrive Fort de France le 24 juin à la veille d'un armistice qui provoque la mise en berne du pavillon du croiseur.


Dernière édition par Surcouf le Mar 15 Fév 2011 - 11:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 11:31

L'EMILE BERTIN Suite.

La présence d'un aussi puissant croiseur à quelques centaines de miles de leurs côtes inquiètent les américains qui se méfient des assurances données selon lesquelles le croiseur ne gagnera pas la métropole et que les mouvements vers les autres colonies seront annoncés.
De toute façon, la pénurie de combustible organisée par les américains fait que jamais l'Emile Bertin n'à eu dans ses soutes de quoi traverser l'Atlantique. Le croiseur reste armé à effectif de guerre jusqu'au 18 octobre 1940 quand les réservistes quittent le bord.
Les rares sorties à la mer ont donc lieu uniquement dans les Antilles, notament avec le croiseur école Jeanne d'Arc.
A la fin du mois d'avril 1942, la position américaine vis à vis des Antilles françaises connait un brusquement raidissement suite au rappel à Vichy de Pierre Laval qui ne cache pas sa volonté d'aller toujours plus loin dans la collaboration avec l'Allemagne nazie.
C'est ainsi que l'Emile Bertin est privé de pièces essentielles envoyées à Casablanca qui l'immobilise totalement au Quai des Tourelles, la tourelle II pointée vers l'ouvert de la baie de Fort de France. L'entrainement à donc lieu à terre et les écoles de feu se font à quai tandis que deux compagnies de débarquement supplémentaires sont formées.
La situation aux Antilles françaises reste inchangée jusqu'en avril 1943. le 26, les américains envoie une note demandant aux autorités antillaisses de rompre avec Vichy qui envoie des ordres de sabordage le 5 mai 1943. Conscientes de la tension ambiante, les autorités locales en diffèrent l'exécution.


Le 24 juin, l'Emile Bertin est mis au bassin. La forme de radoub de Fort de France était jusque là trop petite (120m de long) mais des travaux l'allonge à 200m et le croiseur est le premier à en profiter.
Les ordres de sabordage sont réitérés le 8 juillet mais il faudrait pour cela remettre le croiseur en rade (depuis l'explosion du Iena au bassin du Missiessy à Toulon le 12 mars 1907, les munitions d'une navire entrant au bassin sont débarqués). Le 11 juillet 1943, l'ordre de sabordage est renouvelé et le bassin est remis en eau. L'équipage n'est pas dupe et y décelle les prémices d'un sabordage.
Une partie des marins du croiseur se mutine le 12 au matin et devant les risques pour l'ordre public, le commandant du navire obtient du gouverneur l'annulation de l'ordre de sabordage ce qui ramène le calme. Le lendemain, le bassin est de nouveau vidé et les travaux d'entretien de la coque reprennent.
Les pièces de turbines stockées au Maroc sont ramenées en Martinique puis remontés par le bord du 8 au 14 août 1943. Après une brève sortie à la mer le 22 août pour vérifier le comportement d'un navire immobilisé depuis mai 1942, l'Emile Bertin quitte Fort de France le 25 août, se ravitaille à Porto Rico le 26 puis gagne Philadelphie pour modernisation qui commence le 30 août 1943

L'Emile Bertin est immobilisé au Philadelphia Navy Yard du 1er septembre au 15 novembre 1943 pour des travaux destinés à le rendre capable de combattre au côté des alliés. De nombreux équipements sont débarqués pour économiser du poids : catapulte et autres installations aéronautiques, rails et bossoirs à mines, l'ancre de réserve de 4900kg et deux ancres à touage, la télécommande des 90mm, un projecteur de 120cm et le 75cm avec sa hune, le télépointeur des torpilles, la drôme et les grues remplacées par deux baleinières américaines de 26 pieds et des radeaux type Carley (10 puis 32 en août 1944). Cela n'empêche pas le croiseur de prendre du poids.

Les travaux concerne tout d'abord l'artillerie avec par exemple l'augmentation de la capacité des soutes de 152mm. L'industrie américaine est amenée à fabriquer de nouveaux obus et pour recetter ces obus et leurs douilles, le tube milieu de la tourelle II est utilisé pour des tests. Détérioré au cours des tests et son rechemisage étant impossible, l'Emile Bertin n'aura plus que huit canons de 152mm au lieu de neuf.
En ce qui concerne la DCA, tout le matériel français _totalement dépassé à cette époque_ est débarqué au profit de 16 canons de 40mm Bofors en quatre affûts quadruples, 20 canons de 20mm Oerlikon en affûts simples, le tout réparti en quatre secteurs de défense avec un affût quadruple et cinq affûts simples. Le stockage des munitions est fortement accrues en transformant en soutes l'atelier aéronautique et les remises des voies à mines.
La défense ASM est également accrue avec un ASDIC 128D , deux grenadeurs latéraux à gravité installés à l'arrière avec huit grenades chacun (six en position de tir et deux en réserve), quatre mortiers Thornycroft à l'arrière avec quatre grenades.
Les communications sont également modernisées, le croiseur recevant un jeu de détection correspondant à celui monté sur un destroyer avec un radar de veille aérienne SA, un radar de veille surface SF, des IFF BK et BL. Aucun radar de conduite de tir n'est installé.
Les locaux vie sont également remis à niveau, un poste supplémentaireest créé à l'emplacement du hangar aviation. La passerelle de navigation est transformé en plate-forme de DCA avec quatre Oerlikon, la passerelle de tir est utilisé comme passerelle de navigation, l'abri de majorité utilisé comme abri de navigation et une petite passerelle de timonerie est gréée sur l'arrière de la deuxième cheminée.
La modernisation achevée, le croiseur rallie Norfolk en Virginie pour sa remise en condition en baie de Chesapeake du 8 au 13 décembre. Le 17 décembre 1943, l'Emile Bertin appareille de Norfolk pour Fort de France via Porto Rico où il arrive le 21 pour récupérer les torpilles débarquées en juin 1943.
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 11:38

L'EMILE BERTIN suite 2

Il quitte ensuite les Antilles pour l'AOF afin de renforcer les patrouilles alliées destinées à contrer les forceurs de blocus allemands qui connaissent un regain d'activité prononcé (cinq seront coulés entre le 26 décembre 1943 au 27 janvier 1944). Arrivé à Dakar le 2 janvier 1944, l'Emile Bertin effectue deux patrouilles dans l'Atlantique : la première du 7 au 13 janvier (2650 miles) et du 30 janvier au 5 février (2580 miles) sans résultats.
l'Emile Bertin reçoit ensuite l'ordre de se rendre en Méditerranée, quittant Dakar le 12 février pour Alger où il arrive le 16 après s'être ravitaillé rapidement à Gibraltar le 15. Un temps est envisagé de constituer sous ses ordres un groupe de combat avec les croiseurs légers (ex-contre-torpilleurs) de la 10ème DCT (Le Fantasque L'Audacieux et Le Terrible) déjà sous ses ordres en 1939 mais au final, les navires français vont être engagés directement sous commandement allié.
Pour se familliariser avec les procédures de l'US Navy, l'Emile Bertin subit un entrainement intensif au large de Mers el-Kebir du 22 au 27 février. Au cours d'exercice de tir contre la terre, la précision des canoniers français impressionent les officiers de liaison alliés. Il est de nouveau à l'entrainement du 8 au 15 mars puis à de nombreuses reprises du 17 mars au 5 avril 1944.
Ses premières missions de combat sont des missions de transport de troupes françaises entre Alger et Naples les 13/14, 16/17 et 21 avril, sa grande vitesse étant un atout précieux. Après une nouvelle phase d'entrainement du 22 au 29 avril, il escorte ensuite deux convois direction Ajaccio : le convoi AC-27 le 30 avril au cours duquel il embarque 1100 soldats et le convoi ACF-28 le 5 mai au cours duquel il transporte 900 soldats.
Après de nouvelles périodes d'entrainement, l'Emile Bertin effectue un transport de troupes américaines le 25 mai en direction d'Ajaccio avant de rallier Naples le lendemain 26 mai 1944 où il se place sous le commandement de la 15 ème DC (CA Mansfield, RN) pour appuyer la percée alliée à Anzio, le croiseur effectuant des tirs contre la terre d'une grande efficacité (189 coups de 152mm le 27 mai, 112 coups le 28 et 72 coups le 30). Les tirs contre la terre se prolongent pendant toute la première quinzaine de juin avec repos au mouillage à Castellamare en baie de Naples. Il subit ensuite un petit carénage à l'Arsenal de Ferryville (Bizerte) mais la félure sur l'arbre babord central irréparable à Bizerte limite la vitesse à 30 noeuds en attendant la livraison d'un arbre neuf commandé aux Etats Unis



L'Emile Bertin reprend sa carrière opérationelle le 1er août quand il appareilla de Bizerte avec 800 soldats qu'il déposa en baie de Naples le lendemain, 2 août.
Le 1er août 1944 avait été constituée la 3ème division de croiseurs placée sous le commandement du Contre-Amiral Auboyneau, division composée des croiseurs Emile Bertin, Jeanne d'Arc et Duguay Trouin.

En vue du débarquement de Provence, la 3ème DC est intégré au groupe d'appui de la TF87 ou Force C (Camel), chargée de mettre à terre la 36ème DI. La TF87 quitte le Golfe de Palerme le 13 août 1944, arrivant en vue de la côte provencale le 15 au matin. Les canons du croiseur (152 et 90mm) s'en donnent à coeur joie tirant sur la base aérienne de Saint Raphaël 480 obus de 152 et de 90mm. Le 16 août, il bombarda la région de Cannes avec 50 coups suivit le lendemain par 96 coups.

Le croiseur est alors versé à la Force A pour appuyer la progression vers Toulon de la 1ère DFL, neutralisant les batteries de la presqu'ile de Gien par 45 coups de 152mm tirés à 23000m. Après ravitaillement à Propriano le 19, le croiseur gagna la région de Porquerolles pour effectuer des tirs de contre-batterie vers Giens et Hyères (91 coups le 20 et 159 coups le 21). Le 21 août 1944, l'Emile Bertin est dangereusement encadré par trois salves de 340mm de la batterie du Cap Cépet.

Après un nouveau ravitaillement au mouillage à Propriano le 22, l'Emile Bertin gagne la région de Cannes. Il est engagé dans sa première action navale, coulant de 78 obus de 152mm le cargo italien Randazzo (ex français Condé) devant Nice évitant ainsi l'obstruction de ce port.
Le 25 août 1944, il reprend son rôle de matraqueur de blockaus, tirant un total de 74 obus de 152mm dont 47 pour réduire au silence une batterie commandant l'accès à la baie de Villefranche sur Mer. Le 26 août, il tire toujours sur la même zone un total de 104 obus.
Relevé par le Georges Leygues, l'Emile Bertin patrouille devant Saint Mandrier les 27 et 28 août avant de se ravitailler le 29 à Propriano. On débraye la ligne d'arbre latérale bâbord en avarie. Après une mission de liaison à Alger, il est de retour devant Saint Tropez, relevant le croiseur Montcalm dont les soutes sont vides.
Il effectue de nombreux missions d'appui-feu jusqu'au 13 septembre 1944 quand le croiseur arrive à Toulon dans un port miné et dévasté par le sabordage du 27 novembre 1942 et les destructions effectués par les allemands en retraite.
Après un carénage à l'Arsenal de Sidi Abdallah du 18 au 28 septembre 1944 pour réparations diverses, le croiseur intègre la Task Force 86 bien vite connue sous le nom de Flank Force, groupement chargé de nettoyer le golfe de Gênes de la navigation ennemie. Les croiseurs sont successivement en alerte à six heures d'appareillage à Toulon, en patrouille dans le golfe de Gênes puis en repos avant de reprendre l'alerte.
Lors d'une patrouille du 4 au 7 octobre 1944, l'Emile Bertin tire 172 coups de 152mm dans les ports italiens encore tenus par l'ennemi. De nouveau en patrouille du 28 au 31 octobre, il effectue encore plusieurs tirs contre terre.
De retour à Alger le 24 novembre, il appareille le 26 pour transporter en Grèce du personnel diplomatique ainsi que montrer le pavillon au nouveau gouvernement grec. Arrivé à destination le 28 novembre, il débarque son personnel avant de gagner Alexandrie pour quelques jours de repos.
Rappelé en urgence à Oran le 12 décembre 1944, il embarque des troupes marocaines destiné au front alsacien les débarquant à Toulon le 15 décembre. Il gagne ensuite Beyrouth pour transporter le premier ambassadeur de France auprès de la république du Liban. Il effectue une dernière patrouille de guerre le 7 janvier, tirant sur le viaduc entre Vintimille et Bordighiera, l'endommageant
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MessageSujet: Re: La Marine Française   Mar 15 Fév 2011 - 11:55

L'EMILE BERTIN suite 3

Le 22 janvier 1945, l'Emile Bertin cesse d'être le navire amiral de la 3ème DC. Il entre alors en grandes réparations en vue de participer à la guerre dans le Pacifique. Il est alors prévu qu'à l'hiver 1945-46, l'Emile Bertin et quatre croiseurs légers (ex contre-torpilleurs) survivants de classe Le Fantasque (Le Fantasque, Le Terrible, Le Malin et Le Triomphant) forment un groupe de raid contre les communications japonaises. Le croiseur léger était cependant encore en travaux au moment de la capitulation japonaise.
La refonte à lieu du 25 janvier au 15 septembre 1945. Les Forges et Chantiers de la Méditerranée de la Seyne sur Mer démontent et révisent l'appareil propulsif tandis que l'Arsenal de Toulon se charge de la partie militaire des travaux.
Les huit tubes de 152mm sont rechemisés, un neuvième tube neuf est installé dans la tourelle II, le télépointeur de l'artillerie principale est doté d'un équipement électromagnétique et d'un radar type 284 déjà dépassé, deux affûts doubles de 90mm sont embarqués à la place des tubes lance-torpilles, les télépointeurs contre-avions reçoivent un radar anglais type 285, le poste central contre-avions est dédoublés.
Deux canons de 20mm sont placés en soute et installés en cas de menace aérienne, les tubes lance-torpilles, les grenadeurs et les mortiers sont débarqués, les premiers pour gagner du poids et les deux derniers pour des raisons de sécurité (le tir de la tourelle III était gêné dans des gisements proches de 180°), deux IFF type 253 remplacent les IFF américains BK et BL, les équipements radios sont renforcés, l'abri de navigation est réaménagé, deux mats de charge électrique installés.



Le 16 septembre 1945, l'Emile Bertin commence ses essais post-refonte qui s'achèvent le 7 octobre 1945 par une liaison Toulon-Ajaccio-Toulon à grande vitesse (33 noeuds au maximum). L'Emile Bertin ne tarde pas à renouer avec le combat puisqu'il est appelé à restaurer l'autorité française en Indochine.

Le croiseur appareille de Toulon le 11 octobre 1945 avec à son bord le Vice-Amiral Auboyneau nommé au commandement des Forces Navales d'Extrême Orient pour Saïgon où il arriva le 21 novembre 1945 après des escales à Alger (12 au 15 octobre), Bizerte (nuit du 16 au 17), Malte du 18 au 20, Alexandrie du 23 au 28, Port Saïd du 28 au 31 octobre, Djibouti du 3 au 5 novembre, Aden le 5 novembre, Colombo du 10 au 14 novembre et enfin Singapour du 18 au 20 novembre.
Sa compagnie de débarquement est engagée de décembre 1945 à février 1946 en Cochinchine pendant que le croiseur fait escale à Hong Kong du 19 au 21 décembre puis à Shanghaï du 24 décembre 1945 au 3 janvier 1946 avant un retour à Saïgon le 7 janvier 1946.
Il effectue ensuite du 23 janvier au 3 février une patrouille dans le Sud-Annam, effectuant plusieurs tirs contre la terre. Il participe ensuite à l'opération Bentré de réoccupation du Tonkin (2-7 mars 1946), neutralisant la batterie d'Appowan tombée aux mains du Vietminh.
Il participe aussi aux tentatives de pacification politique, accueillant les 24 et 25 mars 1946 des entretiens entre l'amiral Thierry d'Argenlieu _Haut Commissaire de la France en Indochine_ et Ho-Chi-Minh en présence du général Leclerc et du vice-amiral Auboyneau.



Après une revue navale le 26 mars en baie d'Along, le croiseur rentre à Saïgon le 29 mars. Il effectue plusieurs missions de représentation au Japon et aux Phillipines. Relevé au Japon par le croiseur léger Le Fantasque, il rejoint le croiseur lourd Suffren en Chine avant de terminer son déploiement en Extrême Orient à Saïgon le 18 mai 1946.
Le 1er juillet 1946, le VA Auboyneau transfère sa marque sur le croiseur Suffren, l'Emile Bertin quittant l'Indochine en compagnie du Tourville, arrivant à Toulon le 29 juillet 1946 puis d'être placé en disponibilité armé jusqu'au 30 juin 1947.

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La Marine Française

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